« L’hygiène des coachs : ombre et lumière » – par Daniëlle De Wilde

Le coaching est un métier, une profession, une vocation, voire un art et ne peut se résumer seulement à une palette de techniques.

Dans la réflexion ci-dessous, nous poserons 4 questions essentielles sur la profession et son apprentissage.

Nous les associerons aux 4 éléments et à des principes vitaux pour l’hygiène du Coach.

 

L’HYGIENE EN COACHING : les 4 dimensions

1. L’Air : le mental 

La première question concerne la formation du coach et le développement de la fonction ‘conscience’, le côté tête, le mental, la réflexion profonde sur les motifs, la technique, les outils.

L’envie d’aider, d’accompagner autrui et l’intégrité morale sont importantes bien sûr, mais ne sont pas suffisantes pour exercer ce métier car elles risquent de provoquer une identification exagérée à l’archétype du Guérisseur ou de la Guérisseuse: le piège serait de vouloir sauver à tout prix en entravant autonomie et responsabilisation.

Il est essentiel  pour la personne qui veut se lancer comme coach de :

  • travailler les théories et les techniques du coaching, en coachant et se faisant coacher dans le respect de la déontologie (voir : https://baozoom.com/referentiel-des-competences-cles-de-coaching/)
  • se familiariser avec les différents courants du coaching pour avoir plus de choix pour aborder certaine problématiques
  • s’informer, lire, écrire des articles, participer à des conférences et ateliers, en faciliter, créer du contenu
  • s’impliquer dans des groupes de travail, dans des fédérations professionnelles ou autres réseaux
  • être en formation continue en restant ouvert aux autres courants de pensée

L’hygiène mentale du coach, son ‘know how’, sa formation de base et continue sont  donc essentielles, mais pas suffisantes pour faire du bon travail.

2. L’Eau : les émotions 

La deuxième question concerne le côté « coeur » qu’il faut entendre comme un profond engagement dans une démarche de coach :

  • une bonne connaissance de soi, ses talents, ses limites, ses ombres.
  • Identifier ses besoins, ses valeurs, gérer les émotions
  • aller à la recherche et la confrontation avec ses peurs, ressentiments, jugements.

Il s’agit de développer le sentiment, les ressentis, l’intelligence émotionnelle.

L’hygiène psychologique et émotionnelle du coach, son développement personnel est primordial.

3. La Terre : le côté matériel, le physique 

La troisième question concerne le rapport du/de la coach au monde concret du coach, sa connaissance du fonctionnement humain, des limites du coaching par rapport à d’autres disciplines (psys, médecins,kiné… ) de la systémique, les organisations et leurs rouages, l’expérience de vie et professionnelle acquise, le rapport à l’argent, les conditions matérielles qu’il crée pour exercer en tant que coach et son rapport au physique, son propre corps et le langage corporel de l’autre.

Dans le rapport au corps trop souvent des aspects capitaux sont oubliés : la gestuelle, la souplesse, la respiration, l’écoute, le silence, la maladie, la détente, la décontraction, le temps, les limites, l’alimentation, etc…

C’est un aspect essentiel de l’hygiène corporelle du coach. 

4. Le Feu : le travail de l’âme et de l’intuition 

La quatrième question essentielle  concerne l’intuition, telle que Jung la décrit dans sa typologie.

Il s’agit de la possibilité de faire des liens, d’anticiper sur des situations à venir, d’enrichir le travail de coaching par des apports extérieurs, d’être disponible pour accueillir l’inconnu, le symbolique, l’intangible, le ‘surgissement’, l’émergence, la transformation, l’invisible : la dimension métaphysique du coaching.

C’est l’hygiène de l’ouverture et de la disponibilité: le Feu

Tous ces aspects renvoient en permanence à l’âme, le génie personnel de la personne, à ce qui l’a conduit.e  à vouloir devenir coach.

Ne pas être conscient.e de ces 4 dimensions, en négliger une, en privilégier une au détriment de l’autre remet en cause la démarche de coaching et son apprentissage.

La formation des coachs: les deux grands courants

  1. Le premier courant s’inscrit dans un courant mécaniste, technique.  Il encourage les coachs à rechercher l’obtention des résultats observables à partir de changements de comportements chez le ou la coaché.e.   Il s’agit alors de mesurer l’efficacité du coaching, de n’apprécier que les résultats tangibles et mesurables, c’est le coaching axé performance. Le Savoir-Faire. Les coachs sont encouragé.e.s à se former à des techniques et à des outils, à apprendre le métier de coach. Toutes ces techniques sont  utiles. Elles restent  insuffisantes si elles n’abordent la question centrale du désir profond du coach-même, du sens que la  coach attitude revêt pour l’individu. Devenir coach implique une  transformation profonde au niveau de sa communication avec soi, les autres et le monde.
  2. Le deuxième courant s’inscrit dans un courant plus centré sur la personne du Coach et du Coaché, abordant les 3 C : conscience, cœur et corps pour une approche Créative.  Il interroge sur le désir de devenir coach et l’oriente vers une position de travail où il est son seul «outil». Et cela, nécessite le Savoir-ÊtreLa formation BAO Elan Vital s’inscrit davantage dans le deuxième courant. Le Coach avec majuscule qui paradoxalement exige l’humilité d’être confortable de ‘ne pas savoir’. L’aspect technique reste important et n’est naturellement pas négligé mais la relation, le respect du rythme de l’autre, la présence, la bienveillance, le lâcher prise et l’intuition prédominent. De là l’importance du travail de l’ombre du coach et l’hygiène du suivi, thèmes abordés dans notre formation. L’ombre du coach, ou le revers de la vocation, est le fait d’être dominé inconsciemment par une sorte de complexe de (fausse) puissance, le « Gourou », la « Star», le «  Pater ou la Mater Familias » bref  la tentation d’utiliser la position de coach pour prendre une place dominante et vampiriser ainsi l’énergie du coaché. Cette ombre, est le plus souvent invisible, et pour cause, car elle est dans l’angle mort de la personne. De là l’importance du feedback. C’est l’hygiène de la supervision et/ou de l’intervision (groupe d’échanges de pratiques) qui permet de débusquer ses ombres et de s’y confronter.  La supervision se doit être régulière et s’inscrire dans la durée, tout au long de la vie professionnelle du coach. Voir https://baozoom.com/le-metier-de-coach-nest-pas-protege-tout-le-monde-peut-se-dire-coach/ ou https://baozoom.com/supervision/

La créativité du coach

L’hygiène du coach inclut aussi la place et l’attention  que le/la coach accorde à sa créativité personnelle.

Créativité personnelle, cela veut dire être relié.e à l’enfant libre en soi, se mettre régulièrement en position de jeux ou d’apprentissage, pratiquer une discipline artistique, sportive ou autres afin de sortir de sa zone du connu pour entrer dans la zone de la joie de l’apprentissage permanent.

C’est une des façons de ne pas s’associer avec l’archétype de Jesaistout, Marchand.e de Bonheur, d’Apprenti Sorcier, de Sauveuse ou Charlatan et d’éviter de tomber dans les pièges de  son ombre.

Les masterclasses sont destinées à activer la connaissance de soi, maintenir sa passion et préserver l’alignement aux 4 dimensions du coaching : conscience, cœur, corps, créativité.

Daniëlle De Wilde

Voici l’aperçu des programmes BAO-Elan Vital 



Catégories :Actualité Ecole Elan Vital, Ressources Coaching

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