La théorie de l’attachement et le coaching – par Daniëlle De Wilde

Les bases relationnelles de tout individu se forgent et sont grandement déterminées par les relations vécues dans la toute petite enfance. Pour qu’un jeune enfant puisse connaître un développement social et émotionnel équilibré, il doit pouvoir construire une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui, de façon cohérente et continue (ce que Bowlby nomme le «Caregiver»). Ce lien d’attachement s’élabore dans la durée, la disponibilité et la qualité des soins.

Cette figure d’attachement deviendra une base de sécurité pour l’enfant vers laquelle il pourra se retourner en cas de besoin, ce qui lui permettra ensuite d’explorer le monde.

La manière dont la figure d’attachement va répondre aux demandes de l’enfant sera donc déterminante pour le développement psychique et social de l’enfant puisqu’elle va guider le développement de schémas d’attachement de l’enfant essentiels pour son futur relationnel.

Si l’enfant reçoit une réponse positive à ses demandes c’est qu’il existe et donc qu’il est important (estime de soi). Cette individualisation pourra lui permettre d’évoluer et de développer des relations familiales et sociales positives.

De manière générale, l’enfant va s’attacher aux adultes qui vont se montrer sensibles et attentionnés avec lui/elle.

Deux sortes de soins ont été distingués :

  • le holding : soins donnés à l’enfant par le parent et sa capacité à contenir ses angoisses sur le plan physique (porter dans les bras, câliner, bercer,…) et psychique (décrypter et accueillir les émotions de l’enfant)
  • le handling : il s’agit des soins de base (le laver, le changer, l’habiller, le nourrir,…)

Ainsi, le “donneur de soins” a au moins 3 qualités :

  • sensibilité et empathie
  • disponibilité psychique et émotionnelle
  • présence importante et régulière

Des qualités dont l’expression dépend aussi de l’attachement du ‘Caregiver’ et comment s’est construit sa relation au monde.

Si un parent se sent en danger, n’est pas centré, ne dispose pas d’une bonne estime de soi, il ne pourra pas prodiguer le type de soins nécessaires, étant trop occupé à se défendre ou à chercher sa propre base de sécurité.

En coaching il est important que les coachs aient fait du travail sur eux pour connaître leurs points sensibles et éviter les projections sur les client.e.s.

La psychologue du développement Mary Ainsworth étoffe la théorie de l’attachement de Bowlby en y ajoutant la notion d’attachement «sécure» ou «insécure».

La  métaphore du porte-avions peut illustrer la théorie de l’attachement.

Imaginons le ‘Caregiver’ symbolisé par un porte-avions.  Les enfants sont les petits avions qui décollent.

S’il y a danger, ils reviennent se poser.

Sauf si le porte-avions est “dysfonctionnel” pour cause de panne (fatigue, épuisement), radars perturbés (inattention), alerte rouge (“je me sens en danger !”).

Un porte-avions (Caregiver) a pour fonction première de prendre soin et d’apporter des soins à l’enfant lorsqu’il en a besoin ou par anticipation.

L’enfant en croisera heureusement  beaucoup sur sa route.

Les 4 types d’attachement chez l’enfant

En cas d’attachement sécure, la figure d’attachement répond de manière appropriée, rapide et cohérente aux demandes de l’enfant. La figure d’attachement devient une base de sécurité pour l’enfant qui en recherchera la proximité en cas de séparation et sera rassuré·e par son retour, sa présence.

L’enfant sécure pourra explorer le monde et développer pleinement ses capacités. Il ose, est créatif, s’affirme et exprime ses besoins et envies. Il expérimente et construit la confiance en soi (compétences).

L’enfant reçoit soutien et confort quand il est en détresse : il a confiance en son porte-avions et cela lui permet d’explorer sereinement et de se lier aux autres.

En cas d’attachement évitant, la figure d’attachement ne répond peu ou pas aux demandes de l’enfant et valorise une indépendance exacerbée de l’enfant. La conséquence de cette réponse détachée est un manque d’échange affectif et une introversion des émotions chez l’enfant. Il est insécure. Non entendu, non rassuré, l’enfant ne manifestera pas de signes de détresse en cas de séparation et pas de signes d’apaisement lors du retour de sa figure d’attachement.

Le porte-avions n’est presque jamais disponible car inquiet et perturbé émotionnellement. Il “repousse” inconsciemment l’enfant qui apparaît comme un danger supplémentaire. L’enfant tente se débrouiller sans ses figures d’attachement pour ne pas souffrir de cette non-réponse.

L’enfant sera plus vite autonome mais ne se sentira pas compris et plutôt solitaire.

En cas d’attachement anxieux–ambivalent ou résistant, la figure d’attachement offre une réponse incohérente et instable aux demandes de l’enfant.

L’enfant est alors perdu et insécure. Il ne pourra pas utiliser sa figure d’attachement comme base de sécurité. Il manifestera un grand stress lors de séparations et cherchera un contact permanent avec sa figure d’attachement. Jamais rassuré par cette dernière, l’enfant vivra perpétuellement dans la crainte de perdre son amour.

Le porte-avions est tantôt disponible tantôt indisponible. Mais les enfants ne comprennent pas ce fonctionnement non balisé. Cette confusion pousse l’enfant à adopter des comportements provocateurs et opposants pour attirer l’attention de leur figure d’attachement.

En cas d’attachement désorganisé, la figure d’attachement a une attitude figée, en retrait, négative et parfois violente face à l’enfant.

En réponse à cette attitude, l’enfant va craindre sa figure d’attachement et parfois adopter une attitude similaire à cette dernière en lui manifestant de la violence. L’enfant est insécure. Ce type d’attachement apparaît essentiellement en cas de violence conjugale, de maltraitance, d’abus…

Le petit avion est attaqué par son porte-avions. Le danger venant de la personne censée lui apporter du réconfort, l’enfant est perdu… sa boussole est complètement déréglée.  Ce type d’attachement peut être la cause de troubles psychologiques et psychiatriques sur le long terme. 

En coaching nous tenons compte de ‘l’Enfant’ représenté par les facteurs émotionnels, nous accompagnons les coachés à s’arrêter, ressentir, conscientiser pour finalement amener l’Adulte à avoir une vue plus objective sur la réalité actuelle et ses ressources  afin de passer à l’action.  Faire autrement pour atteindre un résultat plus aligné. 

Pour cela une bonne connaissance de soi est primordiale, car la théorie de l’attachement jette aussi la lumière sur les relations de l’adulte.

La théorie de l’attachement et l’impact sur les relations adultes

Cindy Hazan et Philip Shaver étendent la théorie de l’attachement aux relations sentimentales des adultes. Et bien que les programmes internes soient relativement stables pour les adultes, certains auteurs ont suggéré qu’il y aurait plusieurs modèles possibles en fonction des différentes relations qu’ils entretiennent (cfr les niveaux logiques et l’importance du contexte, l’environnement).

Les adultes sécures tendent à adopter une vision positive d’eux-mêmes, de leurs partenaires et des relations qu’ils nouent. Ils se sentent à l’aise dans l’intimité comme dans l’indépendance, équilibrant les deux. (assertivité, estime et confiance en soi) OK+ OK+

Les adultes anxieux-soucieux recherchent un haut niveau d’intimité, d’approbation et de réponse à leurs initiatives de la part de leurs partenaires, se montrant excessivement dépendants. Ils ont tendance à être moins confiants, à adopter une vision moins positive d’eux-mêmes et de leurs partenaires, et sont aussi susceptibles de montrer au sein de leurs relations un haut degré d’expression de leurs sentiments, de souci et d’impulsivité. OK- OK+

Les adultes distants-évitants recherchent un haut niveau d’indépendance, et semblent souvent éviter totalement l’attachement. Ils se perçoivent eux-mêmes comme auto-suffisants, non susceptibles de subir les sentiments d’attachement et n’ayant pas besoin de relations proches. Ils tendent à faire taire leurs sentiments, gérant le risque de rejet en gardant eux-mêmes à distance leurs partenaires, dont ils ont bien souvent une assez pauvre opinion. OK + OK-

Les adultes craintifs-évitants éprouvent des sentiments partagés au sujet des relations proches, désirant et à la fois se sentant mal à l’aise avec la proximité émotionnelle. Ils ont tendance à se méfier de leurs partenaires et se considèrent eux-mêmes indignes d’affection. De la même façon que les adultes distants-évitants, les adultes craintifs-évitants tendent à fuir l’intimité, réprimant leurs sentiments. OK- OK-

CONCLUSION

Cette  théorie de l’attachement en plus de nous révéler notre propension à l’affection, au besoin de sécurité et de prendre soin des autres, nous montre aussi que les rapports humains ne sont pas seulement des rapports naturellement compétitifs ou individualistes. 

Les schémas d’attachement ne sont pas immuables et nous avons tous la possibilité de résoudre nos problématiques passées ou actuelles grâce à notre capacité de résilience.

La résilience est ce phénomène psychologique qui nous permet de nous remettre de nos chocs traumatiques, de résorber les plaies psychologiques et de rebondir pour se forger une vie qui vaille la peine d’être vécue. Et de cicatriser nos blessures en sources de compassion qui nous permettent de  rester sensibles aux difficultés d’autrui.

Accompagner les possibilités de résilience de nos clients est l’âme du coaching.

Être sensible aux signes qui nous montre que l’attachement sécure fait défaut est important pour la relation de coaching.

Daniëlle De Wilde

Director BAO Elan-Vital

http://baogroup-be.com/apercu-programmes/

 



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