« Procrastiner, précrastiner, agir juste : l’action en coaching » – par Daniëlle De Wilde

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Coaching holistique BAO Elan Vital en Belgique

« Je viens d’avoir 65 ans. Un âge mature. Quatorze ans de plus que le court demi‑siècle de mon père, mort à 51 ans, et seize ans de moins que ma mère, décédée à 81 ans. Si je fais la moyenne de leur temps sur terre, il ne me resterait… qu’un an à vivre. 66 ans serait ma ‘deadline’. Mot dont l’origine remonte à la guerre de Sécession (1861‑1865), où il désignait une limite physique dans les prisons militaires : franchir cette ligne exposait les prisonniers à être abattus. De la « ligne à ne pas franchir » on est passé à la « limite temporelle à ne pas dépasser ». Le mot garde l’idée d’une contrainte forte : ne pas respecter une deadline peut avoir des conséquences graves (perte d’un contrat, échec d’un projet, etc.), ce qui rappelle son origine… dramatique. Un mot peut évoluer d’un contexte militaire brutal vers un usage quotidien dans la vie professionnelle. Mais… nous ne sommes pas des statistiques, bien heureusement.

Comment agir justement — pour soi, pour les autres, pour le monde ? J’en réfère aux philosophes Hannah Arendt, dont je relis les écrits (merci, Hiver), et Sartre… J’avais, il y a bien longtemps, passé mon “examen de maturité” sur les existentialistes. Et non, je n’ai rien oublié. :/ »

Daniëlle

Une cliente entre deux eaux procrastination precrastination action coaching

Sophie est directrice marketing. Brillante, reconnue, efficace.

En séance, elle me confie deux mouvements qui la taraudent :

« D’un côté, ce projet de livre qu’elle remet depuis trois ans. « Je ne suis pas prête. Pas encore le bon moment. Il faudrait d’abord que je… » La liste des prétextes s’allonge comme une procession d’excuses bien habillées.

De l’autre, cette compulsion à répondre aux mails dans la seconde, à dire oui avant même d’avoir senti, à agir vite pour ne pas sentir le vide qui monte quand elle ralentit. « Si je m’arrête, j’ai peur de ne plus savoir qui je suis. »

Entre le projet qui dort et l’agitation qui masque, Sophie cherche quelque chose qu’elle ne sait pas nommer. Un lieu intérieur d’où jailliraient des gestes justes. Ni retenus, ni précipités. Simplement vrais.

Ce que Sophie cherche, la philosophe Hannah Arendt l’appelait : l’action. »


Procrastination : quand différer devient une sagesse mal comprise

Commençons par le plus familier : la procrastination.

Nous connaissons tous cette zone :

  • Ce mail qu’on n’ouvre pas
  • Ce projet qui dort dans un coin
  • Cette conversation importante qui attend « le bon moment »
  • Ce rêve qu’on reporte à l’année prochaine, puis à celle d’après

La procrastination a mauvaise presse. On l’associe à la paresse, au manque de volonté, à l’auto-sabotage.

Mais en réalité, la procrastination n’est presque jamais de la paresse. C’est une sagesse inconsciente, un mécanisme protecteur extraordinairement sophistiqué.

Elle surgit quand un système interne dit : « Je ne suis pas prêt. L’enjeu est trop grand. L’émotion est trop vive. Si j’agis maintenant, quelque chose de moi risque de se briser. »

Ce que protège vraiment la procrastination

En coaching, j’ai appris que derrière chaque procrastination se cache une peur précise :

  • Peur d’échouer : « Si je tente et que ça ne marche pas, je devrai affronter ma médiocrité »
  • Peur de réussir : « Si ça marche, ma vie va changer et je ne me reconnais que dans mes limites actuelles »
  • Peur de décevoir : « Si je me montre vraiment, je risque de perdre l’amour des autres »
  • Peur de perdre une identité : « Si j’achève ce projet, qui serai-je sans ce ‘un jour je ferai’ ? »

Sophie, avec son livre, protégeait quelque chose de précieux : l’image d’elle-même comme quelqu’un qui pourrait être auteure. Tant qu’elle ne tentait pas, elle restait dans le possible infini. Agir, c’était risquer de découvrir qu’elle n’était peut-être qu’une directrice marketing ordinaire.

Sartre entre dans la danse : la mauvaise foi

Jean-Paul Sartre aurait lu la procrastination de Sophie avec son regard abrupt. Pour lui, nous sommes « condamnés à être libres ». Cette formule terrible signifie : même quand nous ne choisissons pas, nous choisissons. Même quand nous différons, nous engageons notre existence.

La procrastination, dans cette lecture, devient une forme de mauvaise foi : ce mécanisme par lequel nous fuyons la responsabilité vertigineuse de notre liberté totale.

Sophie ne remet pas son livre par manque de temps. Elle le remet parce que tant qu’elle n’écrit pas, elle n’a pas à assumer ce que Sartre appelle « l’angoisse de la liberté » : la conscience que rien, absolument rien ne l’empêche d’agir, sauf elle-même.

En coaching, cette distinction change tout.

Il ne s’agit plus de « motiver » le client ou de le pousser à agir. Il s’agit de l’aider à rencontrer ce qu’il fuit. De nommer la liberté qui l’effraie. De mettre des mots sur l’angoisse de devenir qui il est vraiment.


Précrastination : quand agir trop vite devient une autre fuite

Dans l’ombre de la procrastination vit un jumeau moins connu mais tout aussi révélateur : la précrastination.

Ce terme, forgé par les psychologues récemment, désigne cette compulsion à agir immédiatement, trop vite, sans pause. À répondre à un message dans la seconde. À se lancer avant de sentir. À faire pour éviter l’inconfort du vide, de la pensée, de l’incertitude.

Les visages de la précrastination

La précrastination se reconnaît à ces petits signaux :

  • Répondre aux emails en pleine nuit « pour s’en débarrasser »
  • Dire oui avant même d’avoir vérifié son agenda ou son désir
  • Commencer dix projets sans en finir aucun
  • Bouger, organiser, planifier pour ne jamais être rattrapé par le silence
  • Cette sensation d’urgence permanente, même quand rien n’est objectivement urgent

La précrastination donne l’illusion d’être efficace. On est actif, rapide, productif. Mais souvent, elle nous coupe de la justesse, de la profondeur, de ce que j’appelle « l’analyse sensible » : cette capacité à sentir ce qui est vraiment approprié, maintenant, pour moi.

Sartre, encore : fuir le vertige du choix

Si la procrastination fuit la liberté en différant, la précrastination la fuit en agissant compulsivement.

Sartre dirait : on fait pour ne pas être. On s’agite pour ne pas sentir le vertige de notre condition : cette liberté radicale, absolue, terrifiante, qui fait que nous devons nous inventer à chaque instant.

Pour Sophie, la précrastination prenait la forme d’une hyperactivité professionnelle. Réunions enchaînées, projets multiples, disponibilité totale. Tant qu’elle bougeait, elle n’avait pas à se demander : « Mais qu’est-ce que je veux vraiment ? Qui suis-je quand je ne fais rien ? »

Le piège moderne : confondre vitesse et vivacité

Notre époque célèbre la vitesse. L’immédiateté. La réactivité.

Mais la vitesse n’est pas la vivacité.

La vivacité, c’est la capacité à sentir le kairos — ce mot grec qui désigne le moment opportun, le temps juste. La précrastination nous coupe du kairos. Elle nous enferme dans chronos : le temps mécanique, quantitatif, la course contre la montre.

En coaching, reconnaître la précrastination permet d’inviter à quelque chose de radical dans notre monde pressé : le droit de ralentir. Le droit de laisser mûrir. Le droit de ne pas savoir tout de suite.


Hannah Arendt : l’action comme puissance d’être au monde

Et c’est ici qu’entre Hannah Arendt, avec sa pensée lumineuse et exigeante.

Pour Arendt, philosophe du politique et de la condition humaine, l’action véritable n’est jamais une réaction impulsive. Elle n’est pas « sauver le monde » ni courir partout pour prouver qu’on fait quelque chose.

L’action, dans sa pensée, c’est :

  • Un engagement qui naît d’un espace intérieur clair
  • Un geste adressé au monde en conscience
  • Une contribution, même minuscule, qui crée du vivant
  • Ce par quoi nous apparaissons aux yeux des autres

Elle écrit dans La condition de l’homme moderne :

« C’est par nos actions que nous apparaissons au monde, comme les acteurs apparaissent sur une scène. »

La distinction capitale : travail, œuvre, action

Arendt distingue trois modalités de l’activité humaine, et cette distinction éclaire puissamment nos pratiques de coaching :

Le travail (labor) : ce que nous faisons pour survivre, pour répondre aux nécessités biologiques. Manger, dormir, maintenir notre corps. Le travail ne laisse aucune trace durable, il doit être sans cesse recommencé. C’est le domaine du cyclique, du répétitif.

L’œuvre (work) : ce que nous fabriquons, ce que nous créons de durable. Un livre, une maison, un tableau, une entreprise. L’œuvre survit à son créateur, elle constitue le monde humain des objets et des institutions.

L’action (action) : ce par quoi nous nous révélons comme êtres uniques dans l’espace commun. Parler, prendre position, initier quelque chose de nouveau, entrer en relation. L’action ne produit rien de tangible, mais elle fait advenir du sens et transforme l’espace entre les humains.

En coaching, cette distinction change le regard :

Certaines procrastinations touchent nos œuvres : le livre non écrit, le projet identitaire différé, la trace qu’on veut laisser. Ici, l’enjeu est souvent narcissique (au sens noble du terme) : comment vais-je me survivre ?

D’autres procrastinations touchent l’action : la conversation non engagée, la parole non dite, la place non prise dans un collectif. Ici, l’enjeu est relationnel et politique : comment puis-je apparaître tel que je suis vraiment ?

Ce n’est pas la même chose de différer une tâche et de différer sa propre existence relationnelle.

La natalité : chaque action est une naissance

Le concept le plus puissant d’Arendt pour le coaching, c’est la natalité.

Pour elle, agir c’est toujours commencer quelque chose de neuf, faire advenir ce qui n’existait pas. Chaque action est un commencement imprévisible, une naissance dans le monde. C’est notre capacité à initier, à surprendre, à créer du nouveau qui nous rend pleinement humains.

Elle écrit :

« Le miracle qui sauve le monde, c’est finalement le fait de la natalité, dans lequel s’enracine ontologiquement la faculté d’agir. »

En termes de coaching, cela signifie que l’action n’est pas « accomplir une tâche ». C’est faire advenir quelque chose qui n’existait pas avant : une parole, une posture, une présence, une relation nouvelle.

La procrastination, vue ainsi, serait le refus de naître. Le refus d’apparaître. Le refus du risque magnifique et terrifiant d’initier quelque chose d’imprévisible.

La précrastination, elle, serait la répétition stérile : on s’agite, mais rien de nouveau ne naît vraiment. On reproduit des schémas, on occupe l’espace, mais on ne se révèle pas dans notre unicité.


Entre Arendt et Sartre : le territoire du coaching

Entre ces deux penseurs s’ouvre le territoire magnifique du coaching :

Sartre nous rappelle que nous sommes radicalement libres et responsables. Même ne pas choisir est un choix. Même procrastiner engage notre existence. Cette liberté est angoissante, et nous passons notre vie à inventer des stratégies pour la fuir (la mauvaise foi).

Arendt nous rappelle que l’action véritable n’est pas une gesticulation, mais un geste qui nous fait apparaître au monde dans notre unicité. Que chaque action est une naissance, un commencement qui échappe à la causalité mécanique.

Ensemble, ils nous disent :

Vous êtes libres. Terriblement, totalement libres. Et cette liberté vous appelle à agir non pas par obligation, non pas par fuite, mais par cet élan mystérieux qui fait que vous apparaissez vraiment à vous-même et aux autres.

Le rôle du coach devient alors limpide :

Aider le client à quitter les rives de la mauvaise foi (Sartre) — ces justifications, ces « je ne peux pas », ces « quand j’aurai » — pour entrer dans l’espace de l’action vraie (Arendt) : celle qui le fait naître à lui-même.


En pratique : accompagner le client vers l’action juste

Comment traduire cette philosophie en pratique de coaching concrète ?

1. Diagnostiquer : procrastination, précrastination ou action juste ?

Première étape : aider le client à repérer ses patterns.

Questions à poser :

  • Dans quelles situations as-tu tendance à différer ? À te précipiter ?
  • Qu’est-ce qui déclenche l’un ou l’autre ?
  • Quand t’arrives-t-il d’agir depuis un lieu juste, sans retenue ni précipitation ? Comment est-ce que tu le reconnais dans ton corps ?

Ce diagnostic révèle souvent des patterns puissants : « Je procrastine dès qu’il s’agit de me montrer créatif. Je précrastine dès qu’on attend quelque chose de moi professionnellement. »

2. Explorer : que protège ce comportement ?

Deuxième étape : aller rencontrer la fonction protectrice.

Pour la procrastination :

  • Qu’est-ce que tu ne veux pas découvrir sur toi en agissant ?
  • De quelle liberté as-tu peur ? (référence Sartre)
  • Quelle « naissance » ce geste différé représente-t-il ? (référence Arendt)
  • Si cette action n’était pas un risque identitaire, que deviendrait-elle ?

Pour la précrastination :

  • De quel vide cette urgence te protège-t-elle ?
  • Qu’arriverait-il si tu ralentissais de 10% seulement ?
  • Cette action fait-elle naître quelque chose de nouveau, ou est-ce une répétition ? (référence Arendt)
  • Agis-tu depuis un « oui » plein, ou depuis la fuite d’un « non » ?

3. Expérimenter : trouver le micro-mouvement juste

Troisième étape : identifier la plus petite action alignée.

Plutôt que « passer à l’action » (trop vague, trop violent), proposer :

« Quel serait le plus petit pas juste, réalisable dans les 24-48h ? »

Un pas minuscule, mais aligné, ancré dans le corps, consenti dans tout l’être.

Pour Sophie, cela a été : « Ouvrir un document Word vierge et écrire pendant 7 minutes, sans objectif. Juste pour sentir si l’écriture m’appelle encore. »

Sept minutes. Pas trois mois de retraite d’écriture. Sept minutes de natalité : de commencement pur.

4. Ancrer : célébrer l’apparition

Quatrième étape : reconnaître que le client a osé apparaître.

En langage arendtien : il a osé naître. Il a pris le risque de révéler quelque chose de lui dans le monde.

Ce n’est pas le résultat qui compte (le texte n’était pas bon, le mail n’a pas été bien reçu). C’est le geste d’avoir osé commencer.

La question puissante devient :

« Qu’est-ce qui a changé en toi du simple fait d’avoir agi ? »

Souvent, quelque chose de profond se déplace. Une fois qu’on a osé naître, même modestement, on sait qu’on peut recommencer.


Attention : le piège de la nouvelle norme

Un mot de vigilance essentiel.

Parler d’action « juste » pourrait créer une nouvelle tyrannie. Une nouvelle injonction culpabilisante : « Il faut agir justement. Il faut être ni dans la procrastination ni dans la précrastination. Il faut atteindre cet équilibre parfait. »

Non.

Il n’y a pas de geste parfait. Pas de timing idéal. Pas d’action pure.

Parfois, on procrastine ET c’était sage. Le projet n’était pas mûr. On n’était pas prêt. On avait besoin de ce temps de gestation.

Parfois, on précrastine ET c’était vivant. L’élan était là. L’urgence était juste. On s’est jeté dans l’action et cela nous a sauvé du marasme.

L’enjeu n’est jamais la perfection. L’enjeu est la conscience.

Puis-je habiter mes choix, même imparfaits, avec lucidité et bienveillance ?

Puis-je reconnaître quand je fuis ma liberté, sans me condamner, juste pour retrouver mon pouvoir ?

Puis-je sentir quand j’agis depuis un lieu juste — et m’en nourrir pour y revenir plus souvent ?


En supervision : et nous, coachs ?

Terminons par une question essentielle de supervision.

Où est-ce que JE, coach, procrastine ou précrastine dans ma posture professionnelle ?

Peut-être :

  • Ce silence que je ne tiens pas (précrastination : je comble trop vite pour éviter mon inconfort)
  • Cette question que je pose trop rapidement (précrastination : j’interviens avant que le client ait fini de chercher)
  • Cette confrontation que je reporte (procrastination : j’ai peur de blesser, de perdre l’alliance)
  • Cette supervision que je repousse depuis des mois (procrastination : j’ai peur de ce que je vais découvrir sur ma pratique)

Nos propres fuites contaminent l’espace de coaching. Si je ne peux pas habiter la lenteur, comment pourrais-je inviter mon client à ralentir ? Si je fuis ma propre liberté, comment pourrais-je l’aider à assumer la sienne ?

La supervision devient alors un lieu de natalité pour le coach lui-même :

Un espace pour oser apparaître dans sa fragilité, ses doutes, ses erreurs. Un espace pour renaître à sa pratique, encore et encore.


Conclusion : agir pour vivre, pas pour prouver

Revenons à Sophie.

Après plusieurs séances, elle m’a dit quelque chose de magnifique :

« J’ai compris que je n’ai pas à écrire un livre pour prouver que je suis quelqu’un. J’ai juste à écrire parce que parfois, quand j’écris, j’apparais à moi-même. Et ça, c’est vivant. »

Elle a commencé à écrire. Pas tous les jours. Pas trois heures par jour. Parfois juste dix minutes. Parfois rien pendant deux semaines.

Mais quand elle écrit, elle n’est ni dans la procrastination (l’écriture-alibi qui protège du risque) ni dans la précrastination (l’écriture compulsive qui fuit le vide).

Elle est dans l’action arendtienne : ce geste qui la fait naître à elle-même et au monde.

Elle assume sa liberté sartrienne : personne ne l’oblige à écrire, personne ne l’en empêche, c’est son choix, entièrement.

Et petit à petit, page après page, elle apparaît.


Daniëlle De Wilde – Mentorcoach BAO Elan Vital

Procrastiner et précrastiner ne sont pas des fautes. Ce sont des signaux, des langages du vivant en nous.

Arendt et Sartre nous rappellent ensemble que l’action véritable est un pont fragile entre le cœur et le monde.

Ce pont se traverse avec délicatesse. Avec présence. Avec ce sentiment simple et puissant :

« Je choisis ce qui fait sens aujourd’hui. Pas pour sauver le monde, mais pour y prendre ma juste place. »

Procrastination, Précrastination & Action Juste

Ce que Arendt et Sartre nous enseignent sur l’action en coaching

Cadre philosophique

Hannah Arendt : L’action véritable = apparaître au monde par un geste conscient, relationnel, qui fait advenir du nouveau (natalité).
Jean-Paul Sartre : Nous sommes « condamnés à être libres ». Même ne pas choisir est un choix qui nous engage.

Tableau de diagnostic

Dimension Procrastination (différer) Précrastination (précipiter) Action juste
Mouvement Retrait, suspension, report Agitation, réaction immédiate Engagement conscient, rythme juste
Émotion sous-jacente Peur (échouer, réussir, décevoir), paralysie Anxiété, besoin de contrôle, fuite du vide Clarté, consentement, présence
Fonction protectrice Protège d’un risque identitaire perçu Évite l’inconfort de l’incertitude Assume la vulnérabilité du commencement
Lecture Sartre Mauvaise foi : refus d’assumer sa liberté Fuite devant le vertige du choix Liberté assumée, responsabilité habitée
Lecture Arendt Refus de « naître » dans le monde commun Activité sans natalité (répétition stérile) Natalité : faire advenir du nouveau
Signal corporel Lourdeur, engourdissement, retrait Tension, accélération cardiaque, agitation Ancrage, respiration ample, élan clair

Questions puissantes pour le coaching

Face à la procrastination

  • Qu’est-ce que cette procrastination protège en toi ?
  • De quelle liberté as-tu peur ? (Sartre)
  • Quelle « naissance » ce geste différé représente-t-il ? (Arendt)
  • Si cette action n’était pas un risque, que deviendrait-elle ?
  • Quel est le plus petit pas qui te permettrait d’apparaître ?

Face à la précrastination

  • De quel vide cette urgence te protège-t-elle ?
  • Qu’arriverait-il si tu ralentissais de 10% ?
  • Cette action fait-elle naître quelque chose de nouveau, ou répète-t-elle ? (Arendt)
  • Agis-tu depuis un « oui » ou depuis une fuite d’un « non » ?
  • Ton corps dit-il « élan » ou « obligation » ?

Protocole d’intervention en 4 temps

1. Identifier le pattern (diagnostic) Dans quelles situations le client procrastine-t-il ? Précrastine-t-il ? Repérer le contexte, les déclencheurs, les bénéfices secondaires.
2. Explorer la fonction (compréhension) Que protège ce comportement ? Quelle liberté effraie ? Quel vide est évité ? Utiliser l’approche IFS ou la somatisation.
3. Trouver le micro-mouvement juste (expérimentation) Quelle est la plus petite action alignée, incarnée, consentie ? Tester dans les 24-48h. Ancrer dans le corps avant l’action.
4. Célébrer l’apparition (natalité) Reconnaître que le client a « commencé quelque chose de nouveau ». Honorer le courage de la vulnérabilité, pas seulement le résultat.

Compétences mobilisées (EMCC/ICF)

EMCC

  • Compétence 5 : Maintenir la présence
  • Compétence 6 : Écouter activement
  • Compétence 7 : Susciter la prise de conscience

ICF

  • Compétence 3 : Établir et maintenir des accords
  • Compétence 5 : Maintenir la présence
  • Compétence 7 : Susciter la prise de conscience

Rituel d’auto-coaching quotidien

🌅 Le matin (3 min)

  1. Quelles actions aujourd’hui sont des élans vrais ?
  2. Où risqué-je de précrastiner ? Puis-je m’autoriser une pause ?
  3. Qu’est-ce que je procrastine ? Quel micro-pas pourrait dénouer le nœud ?

🌙 Le soir (2 min)

Noter une action où j’ai agi depuis un lieu juste — et me remercier.

Points de vigilance en supervision

• Projection du coach : Où est-ce que JE procrastine ou précrastine dans ma posture ? (silence non tenu, question trop rapide, intervention précipitée)
• Nouvelle norme tyrannique : Attention à ne pas créer une injonction à « l’action juste » qui culpabiliserait le client. Valider l’imperfection.
• Dimension culturelle : Les rapports au temps et à l’action varient selon les cultures. Rester curieux plutôt que normatif.
• Pathologisation : Procrastination chronique peut signaler dépression, TDAH, burn-out. Orienter vers un thérapeute si nécessaire.
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